Mise à l’honneur par Bpifrance à l’occasion de la Journée des droits des femmes
J’ai récemment eu l’opportunité de participer à une vidéo réalisée par Bpifrance, dans le cadre d’un projet mettant les femmes à l’honneur à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
À travers le format “Lettre à moi-même”, ce projet met en lumière des parcours d’entrepreneures, leurs débuts, leurs doutes, mais aussi les apprentissages clés qui les ont menées à avancer.
J’ai eu la chance de faire partie de cette initiative aux côtés de femmes inspirantes comme Dorith Naon, Laura Pouliquen, Catherine Barba et Fatou Rolland.
Cette expérience a été l’occasion de prendre du recul sur mon propre parcours et de partager un message essentiel : l’importance de passer à l’action, même sans être parfaitement prête.
Je remercie Bpifrance pour leur confiance et suis très heureuse d’avoir pu contribuer à cette initiative.
Pour découvrir l’article : https://bigmedia.bpifrance.fr/nos-actualites/lettre-a-moi-meme-tu-appris-a-agir-ilena-caye
[Lettre à moi-même] « Tu as appris à agir », Ilena Caye
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Big Média invite neuf femmes à écrire à celle qu’elles étaient quelques années plus tôt. Dans Lettre à moi-même, elles reviennent sur leur parcours, leurs espoirs, leurs doutes et leurs plus belles réussites. Et du haut de ses 14 ans, Ilena Caye, créatrice de IlenaTech, a choisi de transformer ses rêves en actions concrètes, malgré l’absence de certitudes et un chemin semé d’attente et de défis. L’essentiel n’est pas d’avoir un plan parfait, mais de continuer à progresser et à créer un monde plus juste en osant agir.
05 mars 2026Temps de lecture: 5 min Journée internationale des droits des femmesEntrepreneuriat féminin

Chère moi,
Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour te rappeler d’où tu viens.
Pas seulement le chemin parcouru, mais l’élan intérieur qui t’a mise en mouvement.
Tu n’avais pas de plan parfait. Tu n’avais pas toutes les réponses. Tu avais des doutes. Beaucoup. Des questions qui revenaient sans cesse : est-ce que je suis légitime ? Est-ce que ce projet a vraiment du sens ? Est-ce que je vais réussir à aller au bout ?
Et pourtant, malgré ces doutes, tu avais une ambition profonde : avancer. Pas forcément vite. Pas forcément droit. Mais avancer.
Tu avais aussi des rêves. Des rêves parfois flous, parfois trop grands, parfois même difficiles à formuler. Des rêves que tu n’osais pas toujours nommer, de peur qu’ils paraissent irréalistes.
Alors tu as appris à faire quelque chose d’essentiel : ne pas rester dans le rêve, mais agir.
Transformer l’envie en mouvement. L’idée en concret.
Tu avais surtout une certitude intime, parfois vacillante mais jamais éteinte : celle que la différence n’est pas une faiblesse, mais une force encore trop invisible.
Très tôt déjà, tu ressentais cette envie de comprendre, de découvrir, d’aller voir au-delà de ce qui t’était familier. Mais le doute était déjà là. La peur de ne pas être à la hauteur. La peur de ne pas rentrer dans les cases.
Alors tu as observé, écouté, appris. Découvert des mondes différents, des parcours variés, des réalités multiples. Tout cela t’a nourrie. Profondément.
Puis tu as compris une chose essentielle : rentrer dans les cases, ce n’est pas avancer.
Rentrer dans les cases, ce n’est pas faire bouger les choses. Entreprendre, c’est aussi cela : la volonté de sortir des cases. D’explorer. D’oser aller là où le chemin n’est pas encore tracé.
Et c’est souvent en explorant, en acceptant de sortir du cadre, que l’on découvre d’autres solutions. Des solutions nouvelles, plus justes, plus humaines.
Cette manière de penser n’est pas arrivée par hasard. C’est une philosophie profondément ancrée en toi. Quelque chose que tu portes dans tes gènes. Transmise par papa et maman. Cette liberté de penser autrement. Ce refus des évidences toutes faites. Cette conviction que l’on peut créer autrement. Sans que tu le saches encore, cette curiosité mêlée d’incertitude posait les bases de ce qui allait devenir Ilenatech. Cette capacité à relier des univers, à faire dialoguer des mondes différents, à transformer une vision en réalité concrète.
Sur ce chemin, tu n’as jamais vraiment été seule. Tu as rencontré des femmes et des hommes qui ont cru en toi, parfois dans les moments où toi, tu doutais le plus. Des soutiens discrets, des mots justes, des présences précieuses, qui t’ont permis de continuer quand tout semblait fragile.
Et puis il y a eu ce choix fort, et parfois vertigineux : entreprendre en famille.
Mêler l’intime et le professionnel. Construire avec tes parents. Partager les décisions, les responsabilités, les doutes… et les rêves.
Ce mélange entre famille et entreprise n’a pas toujours été simple. Il a parfois renforcé les questionnements. Mais il est devenu une force immense. Un trio soudé, uni dans les moments d’élan comme dans les périodes de doute, capable de transformer une idée en quelque chose de tangible.
Il y a eu aussi le temps long. Les démarches administratives. Les dossiers à remplir, à recommencer. Les autorisations attendues. Les silences. Les reports. Les mois — parfois les années — d’attente.
Ces périodes ont renforcé les doutes. L’impression d’avancer à contre-courant. La peur que le projet reste une intention sans jamais devenir réalité. Mais tu as tenu. Tu as appris la patience. La persévérance. La capacité à continuer même quand rien ne bouge en apparence.
Petit à petit, tu as compris que le rêve évolue. Qu’il devient plus relatif. Qu’en avançant, d’autres choses s’ouvrent. D’autres perspectives apparaissent. D’autres ambitions naissent, construites par ton histoire, ton vécu, ton chemin. À faire de ce qui pouvait être perçu comme un obstacle un moteur d’innovation, de sens et d’humanité.
Le rêve n’est plus seulement un objectif lointain.
Il devient un mouvement. Un chemin. Une ouverture permanente à ce qui se construit en marchant. Celle de rendre le monde un peu plus juste, un peu plus lisible, un peu plus inclusif.
Et puis il y a ce détail qui n’en est pas un. Tu viens d’Is-en-Bassigny, un petit village de Haute-Marne. Un point presque invisible sur une carte, mais un point d’ancrage immense.
Depuis cet endroit, avec tes doutes, ta patience et ta détermination mêlés, tu as osé frapper. Encore et encore. Jusqu’à pousser les grandes portes de Paris. Celles des ministères, des institutions, de notre pays. Même là, le doute n’a jamais totalement disparu. Mais il n’a plus jamais décidé à ta place.
Être entrepreneure, ce n’est pas l’absence de doute. C’est apprendre à avancer avec lui. C’est rêver, agir, ajuster, recommencer. C’est transformer ce qui semblait fragile en quelque chose de concret.
Si je devais te dire une chose aujourd’hui, ce serait celle-ci : continue d’avancer. Même quand le rêve change. Même quand il se transforme. Parce que c’est souvent en chemin que les plus beaux projets prennent forme.
J’avance avec mes doutes, mes rêves qui évoluent, et la conviction que c’est en osant agir que l’on transforme les idées en réalité.
Avec fierté,
Moi
Âgée de 14 ans, Ilena Caye a cofondé avec ses parents IlenaTech, un projet qui propose des solutions concrètes pour l’inclusion, notamment des personnes en situation de handicap, en collaboration avec les entreprises et les institutions. Passionnée d’audiovisuel, elle souhaite poursuivre des études pour devenir journaliste et présentatrice TV.